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  • Alexia Jonqueres d'Oriola

Présentation des réflexes archaïques


Qu’est-ce qu’un réflexe archaïque?


Les réflexes archaïques ressemblent à des programmes de mouvements automatiques et involontaires qui sont communs à l’espèce humaine. Chaque réflexe est déclenché par des stimuli sensoriels précis. Le rôle des ces réflexes consiste en la protection et la survie, l’intégration sensorielle, les connexions cérébrales, et le développement moteur. Chaque réflexe a une fonction bien précise dans le développement sensoriel et moteur du nouveau-né.

Ce sont des mouvements automatiques involontaires, caractéristiques, en réponse à certains stimuli des nouveau-nés. Leur intensité changent d’un enfant à un autre et également d’une situation à une autre.

Les réflexes archaïques sont systématiquement recherchés par la sage-femme ou le médecin lors du premier examen médical. En effet, ceux-ci témoignent d'un tonus musculaire satisfaisant et du bon développement du système nerveux. Au-delà d'un certain âge, la persistance des réflexes archaïques peut être le signe d'un réel trouble du développement.


Les réflexes primaires sont principalement contrôlés par le tronc cérébral, car la maturation du système nerveux central du nouveau-né est inachevée. La myélinisation (fabrication d’une gaine de protection pour l'axone qui permet un acheminement plus rapide de l'information dans le cerveau) s’effectue originellement dans les voies sous-corticales, c’est à dire dans les régions situées anatomiquement en dessous de la couche de cortex cérébral.

Cette myélinisation atteindra ultérieurement les voies cortico-spinales (fibres nerveuses faisant le lien entre le cortex moteur et la moelle épinière.) Elles garantiront progressivement l’intégration des réflexes primitifs entre les 3e et 6e premiers mois de vie ainsi que le contrôle volontaire des mouvements.


Une lésion au niveau du système nerveux (ex : accident vasculaire cérébral, paralysie cérébrale, démence, traumatisme crânien cérébral, etc.) ou un trouble du développement peuvent entraîner la rémanence des réflexes primaires ou bien le retour de ceux-ci. Cela peut perturber également les réactions posturales et l’acquisition du contrôle moteur qui influenceront le niveau d’autonomie et de fonctionnement de la personne au sein de ses activités de la vie quotidienne.

Parfois certains de ces réflexes chez une personne âgée souffrant de démence (processus appelé "relâchement frontal") peuvent réapparaître. Pendant la maturation du cerveau et particulièrement des lobes frontaux, ces réflexes primitifs sont inhibés ou bien disparaissent presque entièrement. Quand une pathologie neurodégénérative touche le lobe frontal, celui-ci n'est plus en mesure d'exercer son contrôle sur le tronc cérébral, provoquant la réapparition des réflexes. Il est important de différencier les réflexes adaptatifs (par exemple le clignement des yeux ou le bâillement) des réflexes archaïques.


On peut distinguer, selon les différentes parties du corps concernées, les réflexes centraux, concernant l’ensemble du corps, ou périphériques, qui concernent les membres. Ces réflexes archaïques peuvent être simples (mono-actes ou composés) ou complexes, (séquence de mouvements). Ils sont transitionnels (vers la verticalisation), dynamiques ou statiques (pour exercer le corps à une position spécifique), ou posturaux (maintien de la posture dans le champ gravitationnel tout au long de la vie). Ce "logiciel ou programme" de développement de chacun des réflexes est commun à notre espèce humaine.

Les réflexes s’enchaînent successivement dans un ordre bien précis. Ils sont par conséquent liés les uns aux autres selon des niveaux d’intégration différents. Leur schéma d’intégration est donc séquentiel. Les différentes phases de leur évolution aboutissent à la maturation du système nerveux grâce à une organisation neurale plus sophistiquée. L’enfant possède ainsi les fondations nécessaires à son plein épanouissement.

Leur programme se déroule en trois parties:

  • une phase d’émergence

  • une phase d’activation

  • une phase d’intégration.

Lorsque les réflexes n’accomplissent pas leur «chorégraphie » jusqu’au bout, vont s’ensuivre des troubles de l’apprentissage, des déficits posturaux, et comportementaux.

L’intégration émotionnelle, sensorielle et corporelle que je pratique à Aix-en-Provence permet aujourd’hui de remédier au manque de développement ou à la persistance des réflexes chez l’enfant, l’adolescent ou l’adulte.



Les principaux réflexes archaïques


Le réflexe de succion

La succion signifie l'action de sucer, d'absorber dans la bouche du liquide ou semi-liquide tout en faisant le vide dans la cavité buccale par une aspiration forte.

Chez le bébé, on peut observer ce mouvement rythmique de succion lorsqu'on lui touche la commissure des lèvres. Ce réflexe est une des premiers à se mettre en place puisqu'il permet la survie par l’alimentation. Ce réflexe de succion favorise également le calme chez le bébé.


Le réflexe de fouissement

Quand le nouveau-né est placé sur le ventre de sa maman, immédiatement après l'accouchement, celui-ci rampe jusqu'au sein maternel et cherche le mamelon.

Le réflexe des points cardinaux ou « rooting »

Aussi appelé le réflexe de recherche, la stimulation tactile de la joue provoque une rotation de la tête en direction du côté stimulé. Le bébé ouvre alors sa bouche pour téter. Ce réflexe participe à faciliter l’allaitement au sein.

Le réflexe de survie

Quand un nouveau-né est couché sur le ventre ou quand son visage est recouvert par un drap, il redresse la tête et la bouge pour faire tomber le tissu ou pour dégager son nez. Il peut aussi utiliser ses bras en cas d’échec.

Le réflexe tonique asymétrique du cou

Aussi surnommé le réflexe de l’escrimeur, l'enfant couché sur le dos avec sa tête tournée d’un côté (soit volontairement, soit par une tierce personne), va étendre son bras du même côté que la tête et va en même temps fléchir son bras opposé. Ce réflexe archaïque joue un rôle important dans le développement de la coordination visuo-motrice. L’intégration de la latéralisation sera affectée si ce réflexe persiste. Cet enfant éprouvera de la difficulté à étendre son bras d’un côté sans tourner sa tête du même côté ou à fléchir son bras sans tourner sa tête du côté opposé. Il lui sera également difficile de ramener ses deux membres sur la ligne médiane. Tenir un objet avec les deux mains lui sera donc difficile. Il lui sera impossible d’amener de la nourriture à sa bouche, mal aisé de tenir un objet devant soi à l’aide d’une main tout en le regardant. Plus tard, ce réflexe pourra influencer sa posture. Pour écrire, son bras et ses doigts seront en tension, ce qui rendra le travail écrit laborieux. Il ne sera pas facile pour les yeux de travailler ensemble et de passer d'un côte et de l'autre de la ligne médiane.

Le reflexe de Babinski

Ce réflexe cutané plantaire est utilisé pour détecter une éventuelle lésion du système nerveux central. Pour le tester, on stimule la plante du pied à l'aide d'un objet tel qu'une pointe de stylo en remontant du talon vers les orteils. En l’absence de lésion neurologique, la réaction réflexe sera le fléchissement des orteils, le pouce se dirigeant vers la plante du pied et la voûte plantaire se creusant (signe de Babinski négatif). Si le signe de Babinski est positif, le patient va soit tendre les orteils soit, plus classiquement, lentement étendre le gros orteil.

Le réflexe de la nage

Quand le nourrisson se retrouve le visage dans l’eau, il réalise des mouvements avec ses bras et ses jambes pour nager ou patauger. Cependant, ce réflexe ne l’empêche pas d’avaler de l’eau et le parent doit donc réagir très vite.

Le réflexe d'agrippement ou de préhension

Lorsqu'une stimulation est exercée sur la surface palmaire ou plantaire du nouveau-né, celui-ci ferme instantanément les doigts ou les orteils en fonction du membre stimulé. L'enfant a une prise tellement forte qu'elle permet de soulever l’enfant. Ce réflexe favorise le lien d’attachement entre l’enfant et ses parents. Son intégration est nécessaire à l'acquisition de la préhension volontaire.

Le réflexe de Moro

Le réflexe de Moro est un réflexe de défense (réflexe d’embrassement ou des bras en croix). Le bébé réagit à un changement soudain (son, lumière, température, perturbation de la surface où il repose, changement de position brutal, etc.) en écartant brusquement ses bras et ses jambes puis en les refermant sur lui-même dans un mouvement d’étreinte comme s'il s’agrippait à sa mère. Ce réflexe doit être symétrique. Une asymétrie serait l'indice d'une atteinte possible de type neurologique ou bien musculo-squelettique. Il est rare d'observer l’absence de ce réflexe. Celui-ci peut orienter le diagnostique en faveur d'un problème tel qu'une hypotonie congénitale. Chez l’enfant ces automatismes peuvent persister jusqu'a 5 mois chez le nourrisson.

Le réflexe du labyrinthe

Si le bébé penche sa tête vers l’avant, son corps se replie sur lui-même. Lorsqu’il incline sa tête vers l’arrière, son dos et ses membres vont s’étendre. Ce réflexe est très important lorsque le travail de la naissance débute car il aide le bébé à naître. Il indique la direction au nourrisson afin qu'il positionne sa tête dans le bassin. Une mauvaise position du bébé au moment de la naissance peut être liée à un manque de stimulation du système vestibulaire. Le réflexe labyrinthique avant et arrière permet à l’enfant de venir au monde. Il permet d'avoir un sens de l’équilibre et à établir la position dans l’espace. Il est également connecté au réflexe de Moro, car il s’agit de la première réponse à la sensation de gravité que le bébé ne ressentait pas in utero.

Sa rémanence peut nuire à sa stabilité visuelle pour écrire et lire les consignes et se situer dans l’espace, d’où une maladresse et un équilibre couteux en énergie.


Le reflexe de Galant

Décrit par Johann Galant comme un réflexe spinal qui consiste en une incurvation du tronc lorsqu’on stimule la peau au niveau de la colonne. Il est activé lorsqu’on éveille de part et d’autre la colonne du bébé quand il est allongé sur le côté. Cela provoque dans la direction de la zone stimulée une inclinaison du corps de 45 degrés. Il se peut que le bébé étende la jambe du même côté et fléchisse la jambe opposée.

Il émerge à trois et demi quatre mois de grossesse et aide le foetus à tourner sa tête en bas durant le processus de la naissance. Il est normalement intégré vers 9 mois.

Les réflexes de la marche automatique et de redressement

Quand on fait toucher au nourrisson une surface solide avec les pieds ou que celui-ci se trouve placé en position verticale, il se dresse en étendant son tronc et ses jambes, tout en en étant incliné légèrement vers l’avant. Sans véritable contrôle postural, le bébé se met spontanément à "marcher" un bref moment.

Le réflexe tonique symétrique du cou

Quand le nourrisson est en position assise ou "à quatre pattes", sa tête est penchée vers l’avant. Cela entraine une flexion de ses membres supérieurs et une extension de ses membres inférieurs. À l’inverse, quand la tête se trouve basculée vers l’arrière, ses membres supérieurs vont s'étendre et ses membres inférieurs se fléchir. En cas de persistance de ce réflexe, l’enfant se trouvera dans l'incapacité de maintenir son équilibre en étant à quatre pattes. Il ne pourra pas non plus ramper sans immobiliser sa tête. Le passage de la position assise à la position couchée lui sera difficile car, en relevant sa tête, ses jambes s’étendront et iront à l'encontre du mouvement souhaité.

De ce réflexe dépend tout particulièrement la posture assise car il pousse à caler ses pieds sous la chaise afin de se tenir droit, ou à l’inverse à s’affaisser sur le bureau lorsque l’on étend ses jambes. L’enfant ou l’adulte ressentent un besoin de bouger pour détendre les tensions. A l’école, la copie peut être difficile car ce réflexe influe sur la perception des distances, et donc l’ajustement de la vision allant de la feuille au tableau.

Le réflexe glabellaire

Quand la glabelle (zone située entre les arcades sourcilières et au-dessus du nez) est tapotée, le nouveau-né ferme ses yeux. Ce réflexe permet ainsi la protection de ses yeux.

Il existe bien d’autres réflexes archaïques. Tous ne sont pas traités ici. Certains de ces réflexes primaires demeurent présents tout au long de la vie: le hoquet, le bâillement, l’éternuement, la déglutition, la toux, le clignement des yeux, etc.



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